1) Vous faites l'école Boulle et pourtant votre travail s'oriente vers la peinture, est-ce à dire que la matière (bois,pierre etc...) vous procure moins de plaisirs, de sensations.
J’aime la spontanéité que m’apporte la peinture. Je peins à l’acrylique ce qui permet un séchage très rapide. Je peux rapidement jeter mes émotions et mon inspiration sur la toile tandis que la sculpture laisse moins de possibilité à la matérialisation d’une inspiration immédiate qui pourrait s’échapper de mon esprit aussi vite qu’elle est venue.
J’aime saisir l’instant.
La sculpture au sens réel du terme était en stand by jusqu’à ce que je sois sollicité pour la création du trophée du Festival de Romans, vous pourrez d’ailleurs la découvrir le 3 février, elle sera remise aux gagnants lors de la soirée de gala.
Mais mon métier de designer m’amène en permanence à créer en trois dimensions, je ne suis donc pas si loin de la sculpture, les matières sont justes différentes, plus adaptées à l’univers de la mode, comme le métal ou le cuir.
2) Sur votre blog vous déclarez que : "L'espoir est un pari sur l'avenir", pensez-vous que l'expression artistique est également un pari sur l'avenir et pourquoi ?
Cette phrase vient de ma grand –mère, qui m’a défini ainsi lors de ma première exposition à l’âge de 17 ans, nous le déclarons donc toutes les deux.
Quand à l’expression artistique oui… Un sacré pari sur l’avenir. Un art long, qui se construit avec soi-même au fil des années.
On ne sait jamais de quelle manière on évoluera, en découle donc sa propre expression artistique si comme moi on s’exprime avec ses tripes.
C’est d’autant plus un pari sur l’avenir, car de quel avenir parle t-on ? Le post mortem…
Un pari sur l’avenir surtout en terme de réussite…Reste aussi à définir laquelle.
3) En observant votre travail on peut imaginer que l'art de peindre ou de dessiner est facile pour vous. Rencontrez-vous parfois quelques difficultés morales, techniques, éthiques ?
Rien n’est facile, tout l’art réside dans le fait de faire croire que çà l’est.
Par contre auparavant, certaines difficultés morales, surtout liés à mes proches, mais les années avançant, je ne me censure plus. Etre prise pour ce que je ne suis pas ne me pose plus de problème, je préfère m’en amuser voir en jouer.
4) Dans votre description des corps vous faites bien souvent abstraction des "rondeurs", quelles en sont les raisons ?
Parce que les hommes préfèrent les rondes et j’ai l’esprit de contradiction.
5) Quelle est votre définition de l'érotisme ?
Le souffle , invisible mais si perceptible.
6) Comme chez beaucoup d'artistes on peut noter une certaine ambivalence dans votre oeuvre, quelle est la facette que vous préférez chez vous ?
Ambivalente ? Si vous le dîtes ?
mais je ne dévoile jamais mes secrets.
7) De quelle oeuvre êtes-vous la plus fière ?
Un tableau représentant deux Vénus énormes avec des chapelets entre les seins qui a fait éclater de rire mon grand père.
8) Si vous deviez parler de Virginie Talavera, que diriez-vous d'elle ?
Courageuse comme peu, libre et déterminée.
9) Quelle est la question que l'on ne vous a jamais posé ?
Voulez vous poser pour moi ?
10) Quelle est votre plus belle source d'inspiration ?
Les prises de vue des photographes qui savent ce que veulent dire l’harmonie entre les vides et les pleins.
Grand merci à Virginie pour cette interview ! Vous avez rendez-vous aussi avec son travail ici et son blog est par là.